Pierre-Jean Chauve est un géologue français renommé qui, au milieu du XXe siècle, a étudié le centre et le nord de la province de Cadix. Sa contribution à la connaissance de la géologie de la province de Cadix, et en particulier des environs de Paterna de Rivera, fait de lui une référence incontournable dans cette discipline pour la zone occidentale des Cordillères Bétiques. Au cours de ses recherches, Il a identifié une structure stratigraphique et tectonique clé pour la compréhension de la géologie de la région, à laquelle il a donné le nom de notre village : l’UNITÉ DE PATERNA.Le territoire sur lequel est situé Paterna de
Rivera présente des caractéristiques géologiques très particulières, qui ont
influencé l’histoire et le développement de notre village. La région est connue
pour ses eaux minéro-médicinales, exploitées depuis l’époque romaine, et qui
ont permis l’établissement de trois stations thermales au XIXe siècle dans un
rayon de seulement 2 km : Fuente Santa, et Gigonza. Cette richesse hydrologique
est due à la géologie du terrain, surtout celle du Trias du domaine subbétique,
marquée par la présence d’argiles, de marnes, de gypses et de sel, ainsi qu’une
nature chaotique de la plupart des affleurements excluant la présence de grands
aquifères. La contamination chimique des eaux par les matériaux solubles du
Trias explique la présence de nombreuses veines salées et de nombreuses sources
minérales à Paterna.
Dans un article publié dans le magazine
"El Alcaucil" n° 21 en 1996 sur les noms des rues de Paterna, j'ai
attiré l'attention sur les noms donnés à de nombreuses rues de Paterna de
manière arbitraire et sans aucun critère qui leur permettrait de s'enraciner
parmi la population. Et il a proposé, comme exemple, quelques personnages
notables, étroitement liés à l'histoire de Paterna, qui méritent d'être inclus
dans le plan des rues de notre ville, comme Francisco Enríquez de Ribera, San
Juan de Ribera, Elías Ahuja, Julio Mariscal et aussi, bien sûr, Pierre Chauve.
Soixante-cinq ans après les premières visites
du géologue français à Cadix. Sa figure et son œuvre scientifique n’ont reçu
qu’un écho très limité dans les publications culturelles locales, que ce soit à
Paterna ou à Alcalá de los Gazules, où il a longtemps séjourné et noué des
amitiés. Nous pensons donc que ce scientifique français mérite une
reconnaissance institutionnelle de la part de notre village : une plaque
commémorative, ou pourquoi pas une rue ou un espace public à son nom.
Dans le but d’approfondir la biographie de
Pierre Chauve, j’ai contacté il y a un an l’Association pour la Renaissance du
Vieux Besançon, dont il a été président et membre actif, pour obtenir des
informations. Quelle ne fut pas ma surprise de recevoir, le 31 janvier 2024,
une réponse directe de Pierre Chauve lui-même, qui à 93 ans, bien que retraité,
continue à s’impliquer dans la diffusion de la géologie: conférences, visites
guidées, publications de livres... Il a eu la gentillesse de me livrer plusieurs
souvenirs de ses séjours et de ses travaux dans notre région, dont il garde un
excellent souvenir. Avec ces informations et d’autres données trouvées sur
Internet, nous avons esquissé une brève biographie.
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LES DEBUTS
Pierre-Jean Chauve est né le 30 août 1930 à
Besançon, une ville de l’est de la France située dans le département du Doubs,
en région Bourgogne-Franche-Comté, à environ 60 km de la Suisse. Depuis 2016
les provinces de Bourgogne et de Franche-Comté sont de nouveau réunies. Au
cours des temps le Duché de Bourgogne et le Comté de Bourgogne (la
Franche-Comté) ont été unis ou dissociés car disputés par la France et le
Saint-Empire germanique. Charles Quint et Philippe II ont été comte de
Bourgogne et la Franche-Comté a été espagnole à cette époque.
Après avoir terminé ses études secondaires au
lycée de Dole en 1951, il s’inscrit à la faculté des sciences de Besançon, où
il obtient une licence en sciences naturelles en 1952. Il poursuit ensuite ses
études avec un Diplôme d’Études Supérieures (DES), sous la direction du
professeur M. Dreyfuss, consacré à l’étude des synclinaux du Crétacé autour de
Pontarlier, dans la région de Franche-Comté.
Il travaille ensuite pendant quelques mois
comme assistant dans l’équipe de Louis Glangeaud, doyen de la faculté des
sciences de Besançon, qui lui confie un sujet de thèse au sud d’Alger. Cette
étude sera interrompue par l’insurrection de la colonie française en 1954. Il
enseigne alors à Besançon, puis effectue pendant trois ans son service
militaire jusqu’en 1958.
À son retour, le professeur Louis Glangeaud,
désormais titulaire de la chaire de géologie dynamique à la Sorbonne de Paris,
l’invite à rejoindre son équipe comme maître-assistant et le confie au
professeur Fallot qui lui donne comme sujet de thèse la géologie du nord de la
province de Cadix. Paul FALLOT, professeur au Collège de France, membre de
l’Académie des sciences a soutenu une thèse sur les Baléares et est resté en
contact étroit avec les géologues des universités de Barcelone et de Grenade.
Le décès de ce dernier incite Pierre Chauve à rejoindre le groupe de chercheurs
regroupés autour de Michel DURAND-DELGA dans les cordillères bétiques.
Durant ses années universitaires à Besançon, alors qu’il étudie les
sciences naturelles, il s’engage également dans les mouvements étudiants
chrétiens et devient président de l’Association Générale des Étudiants de
Besançon (AGEB) entre 1954 et 1955.
À cette époque, la communauté scientifique européenne s’intéresse à la
géologie des pays méditerranéens. De nombreux étudiants rédigent leurs thèses
dans le sud de l’Espagne, en Grèce, au Maroc, en Algérie et en Tunisie. Une
équipe allemande travaille à Ronda. Des chercheurs hollandais sont à Almería.
Les travaux de l’université de nés par le professeur Fontboté Mussolas,
couvrent la région centrale de la Cordillère Bétique. L’équipe française, sous
la direction de Michel Durand-Delga travaille principalement dans les provinces
de Cadix (Didon et Chauve), Malaga (Azema, Boulin Fernex et Peyre), Huelva
(Foucault, Paquet) et aux Baléares. (Bourrouilh et Rangheard).
L´INSTALLATION
Pierre Chauve qui enseigne à Paris, arrive à Cadix en juillet 1959 pour y étudier la géologie de la région de Ronda. Mais le secteur est déjà occupé par le géologue allemand Peter Hoppe. Il choisit alors de se tourner vers une autre zone moins explorée, en raison de la prédominance de terrains argileux qui sont plus difficiles à reconnaître. Cette région (au nord-ouest de la province de Cadix) a toutefois été parcourue en détail par le géologue espagnol Gavala y Laborde devenu par la suite directeur de l’Instituto geologico y minero de Espana. Ce grand géologue a publié une carte géologique de la province de Cadix qui a servi de base aux travaux de Pierre Chauve. Il a reconnu les principales formations géologiques : les évaporites triasiques, les calcaires jurassiques et crétacés subbétiques, affleurant dans la sierra de las Cabras ou plus près de Paterna dans la sierra del Valle, les grès oligocènes de l’Aljibe et des formations flysch mal datées. Mais les superpositions anormales et la structure en nappe de la région ne sont pas reconnues.
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Vue d'Alcalá de los Gazules. Photo de P. Chauve
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Il s’installe à Alcalá de los Gazules. une
position centrale dans le nord de la province qui lui permet de rayonner
plus facilement vers ses différents lieux d’étude malgré l’état dégradé des
routes provinciales. A son arrive, Il loge à la Fonda Parra, tenue par
Isabel et sa domestique María, un établissement doté — fait rare à l’époque —
de lavabos avec eau courante (froide). Il profite aussi du garage sous la
Fonda, dirigé par le fils Parra et des mécaniciens pour réparer les dégâts
causés par les routes défectueuses sur sa voiture. Il garde aussi un souvenir ému de Pepe el
carpintero qui est à l’époque le seul à parler un peu le français.
Il réside longtemps à Alcalá pendant la
préparation de sa thèse et se rend fréquemment à Paterna de Rivera, dont
il garde le souvenir des huttes en matériaux végétaux situées à l’entrée du
village, des chemins en mauvais état, ou encore de sa visite au balnéaire
abandonné de Fuente Santa, alors en ruines et à sec.
À Alcalá, où il revient chaque année, il est bien connu des habitants
qui le surnomment « Don Pedro ». Il y noue une profonde amitié avec Francisco
Serrano Espinosa, propriétaire de l’entreprise Eléctrica Nuestra Señora de
los Santos, et son épouse Margarita. Chauve effectue ses déplacements entre les
villages et les zones d’étude à bord d’une Citroën 2CV, qui amuse
beaucoup les enfants et qu’il gare dans le garage de son ami entrepreneur.
Il entretient aussi une amitié étroite avec Gabriel Almagro
Rodríguez, rencontré grâce à Paco Serrano, et qui travaille également dans
l’entreprise électrique. Le dimanche, Gabriel accompagne souvent le géologue
lors de ses relevés de terrain autour d’Alcalá. Chauve est d’ailleurs le parrain
de son fils, Gabriel. Il garde de cette période de sa vie un souvenir très
affectueux.
La Citroën 2CV de
Pierre Chauve devant Peña Arpada
LA DECOUVERTE DE L’UNITE DE PATERNA.
Ses premières grandes recherches, en
1960, portent sur les environs immédiats d’Alcalá et de Paterna. Dans cette
région, il observe un phénomène de superposition anormale des terrains :
les couches géologiques situées en profondeur ne sont pas les plus anciennes,
ce qui défie les principes habituels de la stratigraphie.
C’est au pied du Cerro Tajo, au
sud-ouest de Paterna, que Chauve identifie des argiles bleues,
surmontées en discordance de gypses
stratifiés triasiques, horizontaux,
eux-mêmes recouverts de marnes blanches et de grès calcaires
d’âge crétacé du Subbétique. Ces argiles bleues sont fortement redressées. Leur
microfaune est composées d’Arénacés (Oligocène ?) et plus au sud des rostres de Belemnites
remaniées ont été ramassées. Ce qui traduit un mélange de constituants. Cet ensemble passe au sud
sous les argiles rouges et argiles triasiques. Le Trias qui les surmonte peut être suivi tout autour de ces argiles et
et gypses borde une fenêtre tectonique avec au cœur des formations
récentes tertiaires sous les argiles et gypses plus anciens du Trias. C’est dans cette fenêtre de 5 km de long et de un à deux km de large
que P. Chauve a identifié une unité
stratigraphique et structurale qu’il a appelée unité de Paterna.
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| Cerro Tajo |
Dans un premier temps, il identifie cette
nouvelle unité dans un quadrilatère délimité par les villages de Paterna,
Medina Sidonia, Alcalá de los Gazules et San José del Valle. Il publie
cette découverte dans son article Structure géologique de la région centrale
de la province de Cadix (France), paru en 1961 dans le Livre à la
mémoire du professeur P. Fallot. Lors de travaux ultérieurs réalisés en
1961, Chauve repère entre Jerez, Grazalema et l’ouest d’Antequera de nombreux affleurements
de l’Unité de Paterna et en confirme les caractéristiques.
CARACTERISTIQUES DE L’UNITE DE PATERNA
L’Unité de Paterna est une unité
fortement tectonisée, c’est-à-dire qu’elle a subi d’importantes
déformations dues aux mouvements tectoniques. Elle est principalement
constituée d’argiles, contenant aussi quelques bancs minces de grès et
de calcaires. Ses roches se distinguent par des couleurs vives et variées L bleues,
vertes, rougeâtres, parfois bariolées). Elles montrent des déformations et des
mélanges difficiles à observer en raison de la morphologie adoucie du secteur
Les matériaux qui la composent (calcaires, marnes, argiles) reflètent
des environnements sédimentaires variés, allant du marin au continental.
On y trouve des microfossiles datés du Crétacé supérieur, de l’Éocène
et de l’Oligocène, ce qui permet de dater certains éléments de cette
formation entre 65 et 25 millions d’années.
Mais la caractéristique majeure de l’Unité de Paterna réside dans sa position
structurale : elle apparaît au cœur de fenêtres tectoniques,
sous le Trias, semelle des formations calcaires subbétiques. Elle constitue
l’unité la plus profonde connue à l’ouest des Cordillères bétiques. Son
épaisseur visible peut atteindre 200 m.
Selon Chauve, la disposition tectonique du nord-ouest de la province de
Cadix est conditionnée par la position du Trias « flottant « sur l’unité de Paterna. Sur le Trias, les
formations cretacées et tertiaires du
SubbétiqueLsont décollées et fragmentées et des affleurements sont repris dans l’unité de Paterna. A l’est
la serie complete du subbetique affleure dans la sierra de las cabras Dans ce
secteur s’empilent trois nappes tectoniques . superposées l’unité de
Paterna, le Subbétique et en haut les gres
de l’Aljibe.
SOUTENANCE DE SA THESE
De 1961 à 1966, il vient pendant deux à trois
mois chaque année. Il parcourt l’ensemble du territoire qui lui a été assigné
et s’intéresse aux autres formations géologiques presentes dans le secteur
étudié. Cette phase de maturation permet de reconstituer l’histoire géologique
de la région et de raccorder ses travaux à ceux des autres géologues.
Après huit années de recherches, d’études et
de séjours dans la province de Cadix, Pierre Chauve soutient sa thèse de
doctorat le 9 mars 1967 à la faculté des sciences de l’Université de Paris:
ÉTUDE
GEOLOGIQUE DU NORD DE LA PROVINCE DE CADIX (FRANCE)
Il défend son travail devant un jury
prestigieux composé des professeurs, Louis GLANGEAUD, (Sorbonne, Academie des
sciences) Président), Michel DURAND-DELGA (Sorbonne) Rapporteur, Jean AUBOUIN
et Henri TERMIER, (Sorbonne ) Examinateurs et Jose-Maria FONTBOTE (Grenade)
Invité
RETOUR A BESANÇON
Après avoir enseigné dix ans à la Sorbonne,
Pierre Chauve est nommé en 1968 maître de conférences (professeur
associé) en géologie à la faculté des sciences de Besançon, Il poursuit
ses recherches en Andalousie. Il dirige les thèses de Jacques Bourgois dans la
région de Ronda, et de Michel Dubois dans la sierra d’Ubrique. Puis aidé par Y
Peyre et J. Bourgois, 4 thèses sont réalisées entre Ronda et Malaga. Puis, deux
thèse codirigées avec Yves Rangneard lui
permettent de mettre en évidence l’importance des phénomènes de
resédimentassions dans l’ouest de Majorque. Enfin avec l’aide de Jacques Azema
et d’Eric Fourcade, il réinterpréte la structure et l’évolution géologique de
l’île d’Ibiza.
LES COLLOQUES D’HYDROLOGIE EN PAYS CALCAIRE
A son retour à Besançon, il participe ou
dirige la publication de cartes géologiques au 1/50 000 de Franche-Comté
et s’implique régionalement dans les problèmes environnementaux.
Il effectue une reconversion en hydrogéologie
et dirige des thèses (géologie et hydrogéologie financées souvent par les
collectivités locales. Il est aussi geologue officiel pour la protection des
captages d’eau potable.
Ses travaux et les theses qu’il dirige portent sur le Jura et
l’hydrolpgie karstique
La
venue d’étudiants d’Afrique du nord lui ouvre un nouveau champ d’action. Il
encadre des étudiants au Maroc et en Algérie. Il dirigea aussi des travaux
scientifiques au Mexique.
En 1971, avec le soutien de M. Dreyfuss
Chauve fonde les célèbres « Colloques d’hydrologie en pays calcaire »,
devenues un rendez-vous majeur pour l’étude de l’hydrologie en pays calcaire.
Elles se poursuivent de nos jours tous les trois ans en collaboration avec les
hydrogéologues de l’Université de Neuchâtel (ville jumelée avec
Besançon), puis de Malaga.
En 1972, il est promu professeur à
l’univesité deFranche-Comté et prend la direction du laboratoire de géologie
structurale et appliquée, fonction qu’il exercera pendant vingt ans.
Il assure également la direction de deux
formations de recherche du CNRS (Centre national de la recherche scientifique)
en hydrogeolologie au niveau national et effectue des enseignements au Maroc et
à Strasbourg.
Durant cette période, ses travaux se concentrent sur deux grands axes :
- La géologie structurale, dans le
Jura, les Cordillères Bétiques occidentales, les îles
Baléares, Atlas marocain, la Sierra Madre (Mexique) con el
objectif de mieux comprendre les formations géologiques et les processus
tectoniques.
- L’hydrogéologie karstique, avec des recherches approfondies
dans : le Jura et le Maroc (Haut et Moyen Atlas, Oued Souss), ou
il y étudie les systèmes de circulation souterraine.
So Son ouvrage, realisé avec ses
etudiants Atlas des circulations souterraines en Franche-Comté (1987)
est devenu une référence pour l’étude des aquifères karstiques.
Il occupe le poste de professeur de géologie à
l’Université de Franche-Comté de 1972 à 1994, date de sa retraite. Il
continue ensuite à enseigner à l’Université ouverte de Besançon, à
organiser des voyages pédagogiques (au Canada, en Islande, en Tunisie,
aux États-Unis…) et à partager ses connaissances.
Pendant cette période il publie plus de 200 articles scientifiques et
autant de rapports relatifs à la protection des captages d’eau potable et à des
problèmes de géologie. Il a dirigé plus de 20 thèses de doctorat en tant
que professeur de geologie et d’hydrogéologie, formant ainsi de nombreux
chercheurs qui perpétuent son approche scientifique.
DISTINCTIONS
La Société géologique de France lui
décerne en 1972 le Prix Viquesnel, l’une de ses plus hautes
distinctions. Ce prix récompense une carrière ou des travaux remarquables dans
le domaine de la géologie.
De 1976 à 1982, Pierre Chauve est président
de la Société d’Histoire Naturelle du Doubs, fondée le 3 juin 1899, dont
l’objectif est de promouvoir les sciences naturelles dans la région de
Franche-Comté.
En
1986, il est nommé président de la Société Géologique de France,
prestigieuse institution scientifique fondée en 1830.
En 2001, pour l’ensemble de ses activités
scientifiques, éducatives et environnementales, il est fait Chevalier de la
Légion d’Honneur, distinction qui salue ses plus de 40 années
consacrées au savoir, à la pédagogie et à la préservation de l’environnement.
Cette décoration reconnaît notamment : ses contributions majeures en
géologie et en hydrogéologie, son rôle dans la formation de générations de
géologues, son engagement pour la protection des sources d’eau et
des paysages karstiques, en particulier dans le Jura.
En 2004, le Comité Français
d’Hydrogéologie lui attribue le Prix Gilbert Castany, qui distingue
les travaux ou carrières ayant contribué à l’essor de l’hydrogéologie
française.
Aujourd’hui professeur honoraire de
l’Université de Franche-Comté, il continue à transmettre son savoir
ENGAGEMENT LOCAL ET PUBLICATIONS
De 1994 à 2009, il préside La
Renaissance du Vieux Besançon, une association fondée en 1974 pour la valorisation
du patrimoine historique et architectural de sa ville natale. Il cree et
dirige la publication des Cahiers de la Renaissance du Vieux Besançon,
10 ouvrages destinés à sensibiliser la population à l’histoire et au
patrimoine local.
Il a présidé aussi l’Académie des sciences et
arts de Besançon et est président d’honneur de la Société d’émulation et de la Renaissance
du Vieux Besançon.
Pierre Chauve a publié plusieurs ouvrages : Carte
géologique du nord de la province de Cadix (1959-1965), Le
Jura (1974), Inventaire des circulations souterraines
reconnues par traçage en Franche-Comté (1979), L'Atlas des
circulations souterraines en Franche-Comté (1987) y Des
grottes et des sources (2005), Jura bisontin: reliefs, paysages et
roches (2015). Il a aussi participé à des œuvres collectives: Geología
de Francia (1974), Histoire de la terre notre planète (1984), Enseigner
la géologie (1992), hydrogeologie française (2006), Grottes
et sources de France (2010), etc.; et de nombreux articles
scientifiques, publications, cartes, etc. sur la géologie et l'hydrogéologie.
En 2024, il a publié avec son ancien élève
Jacques Mudry un ouvrage scientifique et culturel, richement illustré Le
karst franc-comtois (description et fonctionnement).
UNE VIE TOUJOURS ACTIVE A 95 ANS
À 95 ans, Pierre Chauve est un géologue
largement reconnu, en particulier pour ses contributions en géologie
structurale et en hydrogéologie. Son passage à l’Universi té de
Franche-Comté a marqué plusieurs générations de scientifiques par sa
passion et son exigence.
Il continue à transmettre son savoir, et organise des itinéraires
géologiques, donne des conférences, publie des articles
scientifiques et des livres,
EN GUISE DE CONCLUSION
Que ce modeste portrait de Pierre Chauve serve d’hommage
sincère à ce grand scientifique français, encore peu connu à Paterna et
Alcalá, mais dont les recherches et publications ont apporté une
contribution essentielle à la connaissance de la complexe géologie andalouse.
Il a également laissé un héritage durable en donnant à une unité
géologique le nom de notre village.
ARTICLES DE PIERRE CHAUVE DANS LA PROVINCE DE CADIX
CHAUVE P. (1960) - Etude de quelques affleurements
jurassiques de la région d'Alcalá de los Gazules (province de Cadix, Espagne).
B. S. G. F. (7), II, p. 345-351.
CHAUVE P. (1961) - Sur l´extensión de l´Unité de Paterna
dans le Nord-Ouest de la province de Cadix (Cordilléres Bétiques). C. R. Somm.
S. G. F., p. 271-272.
CHAUVE P. (1960-1962) - Structure géologique de la région
céntrale de la Province de Cadix (Espagne). Livre Mém. Prof. P. Fallot, Mém. h.
sér. S.G.F.. t.l, p. 257-264.
CHAUVE P. (1962) - La unidad de Paterna en el Norte de la
provincia de Cádiz. Not. Com. Inst. Geol. Y Min. de España. n° 67, p. 103-108.
CHAUVE.P. (1963) - Sur la signification et l'orige de
l´unité de Paterna (Province de Cadix, Espagne).C.R.somm. S. G. F., 3, 83-84.
CHAUVE P. (1964) - Sobre el significado de la unidad de
Paterna (provincia de Cádiz. España). Not. y Com. Inst. Geol. y Min. de España.
n° 73, páginas 201-204.
CHAUVE P. (1965) - Découverte d'une faune du Muschelkalk
dans le Trias du Corridor de Boyar (province de Cadix, Espagne. C. R. Ac. Se.,
t. 260. p. 237-239.
CHAUVE P. (1967) - Tectonique du Subbétique dans le Nord
de la province de Cadix (Espagne méridionale). B. S. G. F., 7e série, t. IX, p.
235-245.
CHAUVE P. (1968) - Etude géologique du Nord de la
province de Cadix. Mem. Inst. Geol. y Min. España, t. LXIX. 377 p., Icarte.
CHAUVE P. (1969) - Les rapports du Subbétique et du
Pénibétique dans la Serranía de Grazalema. Boletín Geológico y Minero. T.
LXXXI1I, p. 218-230.
CHAUVE P. (1966) Carte géologique du nord de la province
de Cadix (1959-1965). Escale 1 : 100 000. Publiée en 1966 avec le concours du
Centre National de la Recherche Scientifique. Paris. [S. l] Société
Nouvelle de Cartography imp.
CHAUVE P. et DIDON J. (1960) - Rapports entre les zones
subbétiques et le Flysch á l´Est d' Alcalá de los Gazules (Province de Cadix,
Espagne méridionale). C. R. Ac. Se., t. 251. p. 752-754. 296
CHAUVE P. et DIDON J. (1961) - Estudios de algunos cortes
en el límite de las zonas subbéticas y el flysch al Este de Alcalá de los
Gazules (Provincia de Cádiz). Notas y com. Inst. Geol. y Min. de España. n248
61. p. 177-192.
CHAUVE P. et HOPPE P. (1962) - Nouvelles données
stratigraphiques et tectoniques sur le Corridor de Boyar (Province de Cadix.
Espagne). B. S. G. F. (7). t. IV. p. 303-310.
CHAUVE P. et HOPPE P. (1962) - Sur Fexistence
d’affleurements de l'unité de Paterna dans la región d'El Bosque-Zahara
(province de Cadix. Espagne). C.R.Ac.Sc., t.255, p. 330- 332.
CHAUVE P. et HOPPE P. (1963) - Nuevos datos
estratigráficos y tectónicos sobre el corrimiento de Boyar (Provincia de Cádiz,
España). Not.Com. Inst. Geol. y Min. de España. n° 72, p. 227-238.
CHAUVE P. MAGNE J. et SIGAL J. (1966) - “Stratigraphie de
l´unité del Algarrobo (province de Cádix. Espagne)”. C. R. Somm. S. G. F. p.
227.
CHAUVE.P. y PEYRE.Y. (1966) - Sur l’existence de l, únité
de Paterna et du “Subbétique á Jurassique mameux" dans la région de la
Sierra del Tablón. C.R. Somm. S.C>. F.,6. 229- 230.
CHAUVE . P. DIDON, J. y PEYRE.Y. (1968) - Le Crétacé
infériur du Penibétique (Zona de Ronda-Torcal). Cordilleres Bétiques, Espagne.
B.S.G.F. (7),4, 303-310